Votations fédérales: oui pour 8670 voix aux nouveaux avions de combat

- 27 septembre 2020 -

2 oui, aux nouveaux avions de combat, d’extrême justesse, et au congé paternité. Et 3 non. Les émotions ont été vives en ce dimanche de votations fédérales à suspense.

Les Suisses ont rejeté à 61,7% l’initiative de limitation de l’UDC, c’était attendu. Au bout du suspense, l’achat de nouveaux avions de combat l’emporte à 50,1%. C’est oui au congé paternité à 60%, non à la loi sur la chasse à 51,9%. Le rejet des déductions fiscales augmentées pour enfants est beaucoup plus net à 63,2%.

L’analyse d’un scrutin qui a tenu en haleine, avec notre correspondant à Berne Serge Jubin.

Viola Amherd est passée par tous les états d’âme, le crédit de 6 milliards pour l’achat de nouveaux avions de combat a été accepté d’extrême justesse : à moins de 9000 voix pour un total de plus de 3,2 millions de votants. On notera qu’il y a eu 50’000 bulletins blancs !

Mais en démocratie comme en sport, seul compte le résultat et il est positif. La ministre de la Défense Viola Amherd.

8 cantons ont refusé l’achat de nouveaux avions de combat, dont 5 Romands : le Jura, Genève, Neuchâtel, Vaud et Fribourg. L’armée a-t-elle un problème en Suisse romande ? Viola Amherd.

La conseillère nationale vaudoise Jacqueline de Quattro s’était engagée en faveur du projet. Pour la libérale-radicale, il faudra tenir compte de ce résultat dans la suite du processus.

La gauche et le Groupe pour une Suisse sans armée combattaient le projet. Pour eux, la déception est de mise. Mais ils espèrent tout de même que ce résultat serré pèsera lors de réflexions futures. Les explications du conseiller national socialiste jurassien Pierre-Alain Fridez. 

Rejet à plus de 60% de l’initiative de limitation de l’UDC

Les Suisses ont dit un non sec, à 61.7%, à l’UDC et à son initiative de limitation qui demandait de dénoncer la libre circulation des personnes avec l’Union européenne.

Seuls 4 cantons ont accepté le texte du bout des lèvres, dont le Tessin à 53% (+ SZ, GL et AI). La politique européenne de la Suisse, basée sur des accords bilatéraux, est ainsi plébiscitée.

Soulagement au Conseil fédéral. La ministre de Justice et police Karin Keller-Sutter.

La directrice d’economisuisse est tout aussi ravie. Monika Rühl.

L’UDC encaisse une lourde défaite, son initiative n’atteint pas les 40%. A genoux, résigné ? Le conseiller national valaisan Jean-Luc Addor.

La loi sur la chasse rejetée

Le sort de la loi sur la chasse n’a été scellé qu’en fin d’après-midi. Le canton de Zurich a alors nettement fait pencher la balance pour le « non ». Résultat : 51,9% de rejet. La régulation du loup ne deviendra pas une compétence cantonale.

Ce rejet ne règle pas l’affaire, il s’agira de tout de même réviser la loi sur la chasse. Chef de file des adversaires de la loi, le conseiller national vert valaisan Christophe Clivaz.

La loi sur la chasse n’a pas trouvé grâce devant le peuple, en particulier dans les cantons urbains. Ce rejet n’est pourtant pas un affront aux régions de montagnes. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

Oui à 6 contre 4 au congé paternité

Les futurs papas peuvent se réjouir : ils devraient bénéficier dès l’an prochain d’un congé de deux semaines. Le peuple a accepté cette modification de la loi sur les allocations pour perte de gain à 60%. Le texte soumis au vote était un compromis élaboré en réaction à une initiative de Travail.Suisse.

L’organisation faîtière voulait quatre semaines de congé payé pour les pères. Elle s’est résolue à soutenir le contre-projet indirect du parlement. Et au moment du verdict, le président de Travail.Suisse, Adrian Wüthrich, ne regrettait pas ce choix.

L’adoption du congé paternité de 2 semaines à prendre dans les 6 mois qui suivent la naissance est une bonne nouvelle pour la Suisse. Il entrera en vigueur le 1er janvier 2021. Le ministre de l’Intérieur Alain Berset.

C’est « non » à de nouvelles déductions fiscales pour les enfants. Le projet, porté par la droite et le PDC, a été sèchement rejeté par 63,2% des votants. Une victoire pour la gauche et les syndicats, qui surprend par son ampleur. Le texte était qualifié par ses opposants de « cadeau pour les plus riches ». Son coût : 10 millions pour les rabais liés aux frais de garde, et 370 millions pour la hausse de la déduction générale pour les enfants.

Pour le Vaudois Pierre-Yves Maillard, président de l’Union syndicale suisse et conseiller national socialiste, il y a mieux à faire avec cet argent.

La participation au scrutin de ce 27 septembre est remarquable : 59,3%, c’est plus de 3,2 millions de votants.