Votations fédérales du 7 mars 2021 : deux petits oui et un non cinglant

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Les Suisses ont accepté ce dimanche l’initiative qui veut interdire la dissimulation du visage, l’initiative dite anti-burqa, à 51%. Les Helvètes ont aussi validé à 52% l’accord commercial de libre-échange avec l’Indonésie. Le rejet des services d’identification électronique est indiscutable : 65%.

La participation est assez élevée à 51%.

L’analyse, à Berne, de notre correspondant Serge Jubin.

Ce n’est que la 23e initiative populaire à obtenir les faveurs de la population, en plus de 170 ans de Suisse moderne. Regard sur un droit politique qui échoue 9 fois sur 10, avec Serge Jubin.

L’interdiction de la burqa dans la Constitution

Après l’interdiction des minarets, les Suisses et les Suissesses ont à nouveau suivi le comité d’Egerkingen et ont décidé de bannir le voile intégral. Ce thème, très émotionnel, a beaucoup fait parler de lui avant le vote. Le résultat final a d’ailleurs été plutôt serré, avec un peu plus de 51% de « oui ».

Désormais, la Constitution stipulera donc dans quelles circonstances il est autorisé, ou non, de se voiler le visage. Mais le sujet n’a peut-être pas fini de faire débat, puisqu’un combat juridique pourrait s’engager. Les explications de notre correspondante parlementaire, Hélène Jost.

Pour les initiants, il s’agissait d’un combat féministe, visant à libérer des femmes. Un message qu’il va désormais falloir assumer, et qui a inspiré ce commentaire à Hélène Jost.

51% de oui à l’accord avec l’Indonésie

Malgré l’opposition de 6 cantons, dont les Romands à l’exception du Valais, l’accord commercial de libre-échange avec l’Indonésie a été validé par une majorité de 51,6% de citoyens suisses.

C’est le seul succès du jour pour le Conseil fédéral, mais le ministre de l’économie Guy Parmelin savoure et tend l’oreille vers les opposants.

Pour le président de l’Union suisse des arts et métiers, le Tessinois Fabio Regazzi, ce fut une campagne compliquée. Et l’étroitesse du résultat constitue un avertissement.

Avec seulement 120’000 francs pour mener campagne, les adversaires de l’accord avec l’Indonésie ont longtemps craint d’à peine dépasser les 30% : Finalement, ils échouent au poteau, obtiennent des succès en Suisse romande et dans les villes. De quoi en faire une « presque-victoire », pour le conseiller national vert genevois Nicolas Walder.

Un net rejet de l’e-ID

64% de non, et pas un seul « oui » dans les cantons : le projet d’identité électronique a été largement rejeté . Pour les référendaires, c’est bien le rôle confié aux entreprises dans la gestion de ce système qui a mené à ce refus. Ils affirment désormais vouloir trouver des solutions pour relancer le dossier.

Mais entre les partisans d’un système 100% étatique et ceux qui estiment que la Confédération n’est pas capable de mener à bien ce projet, un terrain d’entente est-il possible ? La ministre en charge du département de justice et police, Karin Keller-Sutter, l’appelle en tout cas de ses vœux.

Ce refus ne signifie pas la fin du projet, de l’avis des référendaires. Pour eux, la population a indiqué par ce vote qu’elle ne voulait pas d’un système laissant la part belle aux entreprises. Il faut désormais plancher sur un nouveau concept placé sous l’égide de l’Etat, selon Gerhard Andrey, conseiller national des Verts fribourgeois.

Les référendaires souhaitent à présent relancer les débats pour mettre sur pied une solution étatique. Une perspective qui laisse leurs adversaires sceptiques, à l’image de la conseillère nationale PLR genevoise, Simone de Montmollin, qui regrette le temps perdu au vu de ce refus.

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