Il n’y aura pas de radars antibruit sur les routes suisses

Un panneau d'affichage de sensibilisation au bruit testé en 2020 à Genève. La Confédération veut miser sur ce type d'outils plutôt que sur les radars antibruit. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

La Confédération renonce à introduire des radars antibruit sur les routes suisses. Le Département fédéral de l’environnement et des transports (DETEC) a publié en fin d’année un rapport critique sur ces nouveaux outils. Il estime que la mesure du bruit excessif des véhicules est trop complexe et coûteuse. Ce rapport a été adopté par le Conseil fédéral dans la foulée.

Pourtant, une étude menée en 2023 à Genève à la demande de l’Office fédéral de l’environnement donnait des résultats prometteurs. Des radars antibruit testés sur quatre tronçons ont permis d’identifier de manière fiable le 1% environ des véhicules trop bruyants.

Dimitri Magnin a participé à cette étude, il est acousticien au bureau d’ingénieur EcoAcoustique à Lausanne. Il a pu observer que ces radars antibruit simplifient les contrôles :

Plutôt que des radars antibruit, la Confédération préfère installer des panneaux d’affichage du niveau sonore pour sensibiliser les conducteurs. Mais leur efficacité n’est pas prouvée, relève Dimitri Magnin :

La prise de position du DETEC était très attendue, surtout dans les villes qui veulent limiter les nuisances sonores. Dimitri Magnin constate que la décision de la Confédération freine la lutte contre le bruit en Suisse :

L’Union des villes suisses a vivement réagi au rapport du DETEC, elle estime que l’utilisation de radars antibruit est une mesure urgente et nécessaire pour protéger les habitants contre les bruits inutiles causés par les véhicules. Elle exige que la Confédération crée le plus rapidement possible les bases légales permettant d’utiliser ce type de radars. /mv